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Deux passages vers le roman fantastique L'Âme du Poignard |  ... Les compagnons se tournèrent vers la berge la plus proche, éloignée d'une vingtaine de mètres et devinèrent des ombres qui se mouvaient en silence. Soudain, un pan de brume se déchira et ils découvrirent distinctement, un grand loup immobile qui humait l'air dans leur direction ... | ... Bruno avait faim ... Doucement, sans faire de bruit, il se glissa dans la rivière et se dirigea, avec de l'eau jusqu'au nombril, vers la terre ferme. Il grimpa sur la rive et arriva sans encombre aux premiers arbres. Après avoir prêté une oreille attentive, il s'enfonça résolument dans la forêt. Encore quelques minutes de marche et il déboucha sur une clairière au centre de laquelle brûlait un petit feu. Il se précipita alors, car les flammes léchaient délicatement un lapin sur une broche ; celui-ci était doré et cuit à point. À l'instant où il se saisit de la broche, des hurlements déchirèrent le voile de silence. Il leva les yeux et vit une horde de loups féroces qui jaillissaient de sous les arbres et fonçaient, ventre à terre, dans sa direction. Pris de panique, il fit volte-face et s'enfuit le plus vite possible, la broche toujours à la main. Mais était-ce le manque de nourriture ? Il avait l'horrible sensation de ne pas avancer... |
|  ... Ils accélérèrent encore le pas car les flocons tombaient de plus en plus épais et serrés ... | ... Charlie s'arrêta et retint Alexandre par le bras. "Alex, regarde !" souffla- t-il. Ce dernier, observa en plissant les yeux dans la direction que lui indiquait le doigt de son compagnon. De cet endroit, ils distinguaient à peine le petit pont blanchi par la neige qui menait à la Porte Nord et se reflétait dans la rivière sombre. Tout à coup, Alexandre comprit ce qui l'avait alerté : les torches étaient éteintes. "Ce n'est pas normal" murmura- t-il en tendant la lanterne à Charlie. "Allons voir de plus près" ajouta- t-il en prenant dans ses mains l'arbalète qu'il portait à l'épaule. "D'accord, mais soyons sur nos garde". Ils reprirent leur progression et malgré leur application à rester silencieux, leurs bottes faisaient crisser la neige sous leurs pas. Au bout de deux cents mètres la route bifurqua en angle droit sur la droite. Ils se retrouvèrent à moins de cent pas de la Porte Nord. Ils s'immobilisèrent et scrutèrent les lieux. Cody devant son maître renifla bruyamment et parut perturbé par les flocons qui tombaient dru. "C'est vraiment étrange" souffla Alexandre. "La porte est plongée dans le noir. Tu vois quelque chose toi ?" "Oui" répondit doucement Charlie. "La herse est partiellement relevée". "Tiens ! Prends mon épée" chuchota Alexandre en la dégainant. Il la tendit à son ami qui après une légère hésitation l'empoigna fermement de sa main gauche. Il fut surpris de sa légèreté. C'était la première fois qu'il en touchait une et pourtant il se sentait particulièrement à l'aise avec elle. Il fit quelques moulinets dans l'air en faisant siffler la lame. "Chut !"dit Alexandre en armant son arbalète. "Éteins la lanterne et allons-y !" Il firent encore une cinquantaine de pas puis s'arrêtèrent à nouveau car Cody se mit à grogner. "Avançons encore un peu" murmura Alexandre après quelques minutes d'écoute attentive. Ils avancèrent de quelques pas puis s'immobilisèrent une nouvelle fois. Cody n'avait pas bougé d'un pouce et grognait encore plus fort. Comme ils se retournaient sur lui, il se mit à aboyer rageusement. Presque dans le même temps, ils entendirent le bruit de chevaux au galop. Le son des sabots qui frappaient le pont de bois résonnait étrangement à leurs oreilles. Ils firent volte-face et ne virent dans un premier temps que du blanc. Alexandre épaula son arbalète et visa en direction du bruit. Soudain, deux petites formes sombres crevèrent le rideau blanc de neige, suivies de près par deux beaucoup plus imposantes. "Tire !" hurla Charlie. Les deux grandes formes étaient déjà presque sur eux : deux hommes sur deux grands chevaux brandissant chacun une énorme hache de combat avec l'intention manifeste de s'en servir. Un sifflement retentit à l'oreille de Charlie. Le cavalier le plus proche bascula vers l'arrière, touché par une flèche. Il chuta lourdement dans la neige. Le deuxième porta un terrible coup de hache ... |
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